Mouksé signifie « mis de côté » : ce qui n'est pas destiné à l'usage du Chabbat ne se déplace pas à Chabbat. Ce n'est pas une melakha de la Torah (un des 39 travaux interdits du Chabbat) mais une protection instituée par les Sages : en écartant les objets de la semaine, on éloigne la tentation des travaux interdits et on préserve l'atmosphère du jour.
Deux principes de base :
- L'interdit porte sur le déplacement, pas sur le contact : toucher sans faire bouger est permis.
- Le statut se fixe à l'entrée de Chabbat : ce qui était écarté au crépuscule le reste tout Chabbat, même si la situation change (des bougies consumées restent mouksé).
Les grandes familles
| Famille | Exemples | Peut-on le déplacer ? |
|---|---|---|
| Outil d'usage interdit | marteau, stylo, ciseaux | Oui, pour un usage permis ou pour libérer sa place ; non pour le protéger |
| Chose sans usage | pierre, argent, brindilles | Non, aucun déplacement |
| Objet précieux réservé | appareil photo de valeur, documents | Non : on ne le prête à aucun usage |
| Ustensile d'usage permis | chaise, coussin, assiette | Oui, dès qu'on en a besoin |
Le bassis : la base d'un objet interdit
Un support qui porte un mouksé à l'entrée de Chabbat devient mouksé lui-même : le bassis. Cas classique : le plateau des bougeoirs. La parade se prépare le vendredi (certains posent sur le plateau un objet permis plus important, selon des conditions précises) : chacun suit l'usage de son rav.
Au quotidien
- Le téléphone : éteint et rangé avant l'entrée de Chabbat. S'il sonne, on ne le touche pas. Mais retenez-le dès maintenant : en cas de danger pour une vie, on téléphone sans hésiter, le danger de vie repousse le Chabbat.
- L'argent, le portefeuille : mouksé complet, aucune manipulation.
- L'objet précieux qu'on protège (l'appareil photo, un instrument de valeur) : c'est la catégorie la plus stricte. On ne le déplace ni pour sa place, ni pour le protéger d'un dommage. On peut seulement le toucher, tant qu'il ne bouge pas.
Déplacer un mouksé sans le prendre
Un mouksé qui gêne, quand on a un besoin permis (libérer une place, dégager un passage), peut être déplacé indirectement (le tiltul min hatzad, le déplacement par le côté), c'est-à-dire sans le saisir en main. Trois gestes concrets :
- secouer ou incliner le support qui le porte pour le faire glisser (incliner la nappe pour faire tomber des miettes ou des pièces) ;
- l'écarter du pied ou du coude, d'une manière inhabituelle ;
- le pousser avec un objet permis.
Une réserve : si le mouksé a été posé là dès le vendredi pour y rester tout le Chabbat, le support devient un bassis et l'on ne l'incline plus (voir plus haut). Les conditions fines (l'étendue du besoin, ce qui compte comme geste indirect) varient selon les décisionnaires : apprenez-les avec votre rav.
Les usages
Déplacer, ou non, un mouksé
La loi
- Le mouksé (« mis de côté ») est un décret des Sages : ce qui n'est pas destiné au Chabbat ne se déplace pas. Toucher sans faire bouger reste permis ; le statut se fige à l'entrée de Chabbat.
L'usage répandu
- Un mouksé qui gêne, quand on a un besoin permis, se déplace indirectement : on incline son support, on l'écarte du pied, on le pousse avec un objet permis.
Selon chez toi
- Le bassis (le plateau des bougeoirs) : la parade se prépare le vendredi, et chacun suit l'usage de son rav. Les conditions fines varient selon les décisionnaires.
Apprenez-les avec votre rav. Choul'han Aroukh Ora'h 'Hayim 308 à 311.
- Mouksé = « mis de côté » : décret des Sages, pas une melakha de la Torah
- Toucher sans bouger : permis ; le statut se fige au crépuscule d'entrée
- L'outil d'usage interdit se déplace pour sa place ou un usage permis
- Argent et téléphone : mouksé complet ; le plateau des bougeoirs : bassis
- L'objet précieux (appareil photo) : on ne le déplace pas, on peut le toucher
- Un mouksé qui gêne se contourne : on l'incline, l'écarte du pied, le pousse
- Danger de vie : le Chabbat s'efface, on agit
Sources : Choul'han Aroukh Ora'h 'Haïm 308-311 (catégories 308, bassis 309, argent 310, déplacements 311) ; O.H. 329 (danger de vie) · Talmud Beitsa 26b · Chemirat Chabbat Kéhilkhata ch. 20.







