« Tu proclameras le Chabbat délice » (Yechayahou 58:13). Le Chabbat ne se résume pas à ses interdits : c'est un jour qu'on savoure. Quatre verbes le résument :
- Zakhor, se souvenir : le kiddouch et la havdala
- Chamor, garder : s'écarter des travaux interdits
- Kavod, honorer : préparer la maison, se vêtir dignement
- Oneg, se délecter : les repas, le repos, les chants
Le kiddouch : קִדּוּשׁ
On sanctifie le jour par la parole, sur une coupe de vin, avant le repas du vendredi soir. Le samedi midi, un kiddouch plus court précède le repas : le kiddoucha rabba. Deux règles d'examen :
- À défaut de vin le soir, le kiddouch se fait sur les deux pains du repas.
- Le kiddouch se fait là où l'on mange : pas de kiddouch sans repas sur place.
Les trois repas : les deux pains
Trois repas honorent le Chabbat : vendredi soir, samedi midi, et la séouda chelichit (le troisième repas) entre Minha (l'office de l'après-midi) et la sortie. Les deux premiers s'ouvrent sur deux pains entiers (lehem michné), en souvenir de la double portion de manne du vendredi au désert. À table : les zemirot (chants), et dans le birkat hamazone (la bénédiction après le repas), le passage Retsé.
Au troisième repas, le nombre de pains varie selon les communautés : deux pains entiers, ou un seul. Suivez votre usage, ou demandez à votre rav. Choul'han Aroukh Ora'h 'Haïm 291:4.
La havdala : הַבְדָּלָה
À la nuit tombée du samedi, la havdala « sépare » le saint du profane. Quatre bénédictions, dans l'ordre : le vin, les parfums, la flamme (bougie tressée : « les lumières du feu », au pluriel), la séparation. Repères pratiques :
- Entre la sortie de Chabbat et la havdala : on ne mange ni ne boit (l'eau est permise).
- Un travail interdit du Chabbat (une melakha) à faire d'urgence avant la coupe ? On dit d'abord baroukh hamavdil bein kodech le'hol.
- Le samedi soir, on raccompagne la reine par un repas : la melavé malka.
Les quatre bénédictions ouvrent toutes de la même façon : c'est leur fin qui change, et c'est là qu'on se trompe.
Baroukh ata Hachem, Eloké-nou mélekh haolam, boré peri haguéfen (le vin)
Baroukh ata Hachem, Eloké-nou mélekh haolam, boré miné vessamim (les parfums)
Baroukh ata Hachem, Eloké-nou mélekh haolam, boré meoré haèch (la flamme, « les lumières du feu », au pluriel)
Baroukh ata Hachem, Eloké-nou mélekh haolam, hamavdil ben kodech le'hol... (la séparation)
Choul'han Aroukh Ora'h 'Hayim 296.

L'âme supplémentaire
Le Chabbat, chacun reçoit une neshama yetera, une âme supplémentaire qui se retire à la sortie du jour : c'est elle que consolent les parfums de la havdala. À ne pas confondre avec le pikoua'h nefech (le danger de vie, qui repousse le Chabbat) : deux notions distinctes, souvent mélangées à l'examen.
- Kiddouch : sur le vin, avant le repas, là où l'on mange ; à défaut de vin, sur les pains
- 3 repas, deux pains aux deux premiers (double manne), Retsé dans le birkat hamazone
- Havdala : vin, parfums, flamme, séparation ; rien manger avant
- Parfums = consoler le départ de la neshama yetera
- Melavé malka : le repas qui raccompagne la reine
Sources : Choul'han Aroukh Ora'h 'Haïm 271-274 (kiddouch, pains), 289 (kiddouch du jour), 291 (séouda chelichit), 293-300 (sortie, havdala, melavé malka) · Talmud Beitsa 16a · Yechayahou 58:13.






